Accueil >> Histoire et Patrimoine >> Le patrimoine

Le patrimoine

L’EGLISE

L’église actuelle de BRANVILLE-HAGUE est peu ancienne. Elle a été reconstruite après la révolution et est dédiée à Notre Dame.

On raconte qu’autrefois, des pirates normands auraient fait bruler l’ancienne chapelle et le presbytère de la commune ; mais  aucune confirmation de cet événement n’a pu etre trouvée.

Les textes attestent seulement qu’un sanctuaire fut construit vers 1793, selon la volonté des  habitants de la commune, qui prétextèrent, dans un manifeste à l’éveché, l’exiguité de l’église de Gréville, trop petite pour contenir durant les offices, à la fois les fidèles Grévillais et Branvillais.

L’église de BRANVILLE-HAGUE mérite le détour ; elle est remarquable par son petit clocher. En 1952, la commune a refait le campanile dans lequel une cloche de 83 kilos est venue prendre place. Bien que son ornementation soit pauvre, l’église SAINT-BLAISE n’en possède pas moins un réel cachet.

Autour, s’étale le petit  cimetière avec ses deux séries de monuments funéraires du 19eme siècle ; deux séries rassemblées de part et d’autre de l’église, en deux groupes ; l’un, de belles stèles de pierres similaires et l’autre de croix de fontes semblables. Ces dernières sont le témoignage d’un art de la fonte moulée ; c’est un réel patrimoine funéraire qu’il faut préserver, vestige de la production de fonderies disparues.

Superbe de simplicité, l’église de BRANVILLE-HAGUE est sans aucun doute un lieu de méditation sincère.

 

LE LAVOIR


Comme la plupart des lavoirs de nos campagnes, le lavoir de Branville-Hague date du 19eme siècle.

Pendant longtemps, la lessive s’est faite sur une pierre inclinée, ou sur une simple planche, au bord de la rivière ou de la mare. Suite à des épidémies de choléra (1849), l’état a pris conscience de l’importance de la salubrité publique et des règles élémentaires d’hygiène. Une Loi votée en 1851 ouvre un crédit pour encourager les communes  à aménager des lavoirs publics. C’est à partir de cette date que de nombreux lavoirs furent construits.

Il en existe de toutes sortes : à un ou deux bassins, avec cheminée, non couverts ou couverts, avec un toit à une ou deux pentes, à impluvium.

Le lavoir de Branville-Hague est simple, il a un seul bassin. Il a été utilisé jusqu’en 1996. A cette époque, il était couvert ; mais en 2003, le Conseil Municipal a décidé de retirer la toiture, devenue beaucoup trop vétuste. Il est alimenté par une source. Il est de plan rectangulaire, entouré de dalles de schiste, légèrement inclinées dans le sens de l’eau pour faciliter le travail.

Lieux de dur labeur, mais aussi lieux de rencontres et d’échanges, l’histoire de nos lavoirs s’est terminée avec l’arrivée de la machine à laver.

Souvent abandonnés ou non entretenus, nos lavoirs méritent pourtant une conservation respectueuse.


Témoignage de Madame Louise LECERF, dernière lavandière du lavoir de Branville-Hague

Connaissez vous le lavoir de Branville-Hague ?

Bien sur que je le connais. Je suis arrivée à Branville quand je me suis mariée, en 1952. J’habitais la route du Bourg, et j’ai commencé à utiliser le lavoir à cette époque.

Racontez nous une journée au lavoir ?

Tout d’abord, il fallait transporter tout le linge sale au lavoir, dans la brouette. Le matin, on lavait le « blanc ». On trempait, savonnait, brossait. On le mettait ensuite dans une grande lessiveuse à bouillir sur un trépied dans la cheminée. Il fallait que ça bouille pendant deux bonnes heures. L’après midi, on attaquait les couleurs et on ramenait le linge propre sur la brouette pour l’étendre à la maison. Oh, j’en ai eu de la misère. Je voulais une machine à laver, mais mon mari ne voulait pas !

Le travail au lavoir était-il pénible ?

Oh oui, on allait au lavoir une fois par semaine, pendant toute l’année, été comme hiver, les mains dans l’eau froide. On lavait à genoux dans une hotte en bois, j’avais un simple pan de bois et un coussin. Certaines utilisaient le battoir, mais pas moi. Oh, c’était dur et fatiguant ! les jeunes femmes de maintenant ne veulent plus laver un seul morceau à la main. Mais j’étais jeune,  ça ne me paraissait pas.

Et l’entente au lavoir ?

Quelquefois, quand on arrivait, le lavoir était déjà pris par d’autres femmes,  alors il fallait revenir le lendemain !

De temps en temps, il fallait nettoyer les alentours du lavoir, le rincer. C’était souvent les memes qui lavaient le lavoir !

On ne se battait pas, mais il y a eu des méchancetés ! il fallait le voir, c’était incroyable ! Oh ! si le lavoir pouvait parler , il en aurait des choses à dire !